
Il y a des moments dans l’histoire d’un groupe, d’une entreprise, d’un peuple, où les défis s’accumulent au point d’éroder l’élan. Dans un contexte de guerre tarifaire, par exemple, il est facile — trop facile — de baisser les bras, de dire que tout est joué, que rien ne dépend de nous. C’est là que s’installe un phénomène insidieux : l’impuissance apprise.
Ce concept, développé par le psychologue Martin Seligman, décrit un état psychologique où, après avoir été confronté à des obstacles répétés ou à des échecs perçus comme incontrôlables, un individu — ou un groupe — cesse d’agir. Même quand des options sont disponibles, même quand un changement est possible, on n’y croit plus. On reste immobile. On s’habitue à perdre.
Dans un contexte économique difficile, cette dynamique peut devenir collective. Des leaders cessent d’initier. Des équipes cessent de rêver. Une culture d’attentisme résigné s’installe : « À quoi bon proposer ? », « On va se faire couper encore », « Ce n’est pas à nous de bouger ». Et ce qui est le plus alarmant, c’est que cette inertie devient confortable. Elle anesthésie l’inconfort de l’incertitude, mais en même temps, elle étouffe l’élan vital, l’innovation, et l’identité même de ceux qui l’adoptent.
Mais avons-nous vraiment les moyens de nous laisser glisser dans cette spirale descendante ?
Peut-être faudrait-il, au contraire, réagir. Rappeler à notre mémoire collective ce courant positif, cette audace, cette créativité qui nous caractérisaient. C’est souvent dans les moments de blocage que jaillissent les plus grands rebonds. Mais pour cela, il faut secouer cette torpeur. Il faut raviver la conscience que, même si tout ne dépend pas de nous, quelque chose dépend toujours de nous : notre attitude, notre capacité à nous mobiliser, à nous entraider, à rêver à nouveau.
Sortir de l’impuissance apprise ne se fait pas du jour au lendemain. Cela commence par des petits gestes de courage, des signes d’espoir, une parole forte, un projet porteur, une décision qui refuse la résignation. Cela commence par refuser d’être défini par les circonstances et reprendre contact avec notre capacité d’action.
Et si la guerre tarifaire ne pouvait être évitée, peut-être pourrions-nous au moins choisir notre réponse. Une réponse digne, proactive, inspirante. Une réponse qui rappelle que l’énergie d’un groupe ne vient pas de ses obstacles… mais de ce qu’il décide d’en faire.
Pour aller plus loin :
Parlez-moi de vos besoins : https://www.alainsamson.com/conferencier-motivateur-quebec-et-canada.html
Voyez Provoquer des résultats positifs : https://www.alainsamson.com/formation-provoquer-des-resultats-positifs.html
Consultez Le Boot Camp du changement : https://www.alainsamson.com/bootcamp-et-formation-gestion-du-changement.html
