
Il y a des chansons qui parlent d’amour.
Et d’autres qui parlent de ce qu’on accepte par amour.
La belle des Champs, interprétée par Jim Corcoran sur des mots de Bertrand Gosselin, est de celles-là.
À première écoute, c’est une chanson douce.
Une histoire simple.
Un homme charmant, rassurant, admiré.
Une femme qui l’aime… et qui finit par se perdre un peu.
Mais en l’écoutant attentivement, quelque chose dérange.
Ce n’est pas la violence.
Ce n’est pas le drame.
C’est l’effacement progressif.
Le piège n’est pas toujours brutal
Quand j’ai écrit Prince charmant ou psychopathe? pour la première fois, en 2009, mon intention n’était pas de faire peur.
C’était d’aider à mettre des mots sur des malaises diffus, ceux qu’on n’ose pas toujours nommer parce que « ce n’est pas si grave ».
La chanson La belle des Champs raconte exactement cela.
Un amour qui ne frappe pas.
Un amour qui ne crie pas.
Un amour qui rétrécit doucement l’espace intérieur.
Dans le livre, je parle de frontières :
- la frontière du corps,
- la frontière sociale,
- la frontière intérieure.
Dans la chanson, on entend une femme qui ne sait plus très bien où passent les siennes.
Le prince charmant n’est pas toujours celui qu’on croit
Le danger, dans certaines relations, ce n’est pas le monstre évident.
C’est le charme constant.
La gentillesse conditionnelle.
La protection qui devient contrôle.
L’amour qui exige des ajustements… toujours dans un seul sens.
Dans La belle des Champs, personne ne dit explicitement : « tu dois changer ».
Mais tout, peu à peu, amène à se conformer.
À faire moins de vagues.
À être plus sage.
À être reconnaissante.
C’est exactement ce que plusieurs lectrices (et lecteurs) m’ont confié au fil des années :
« Il n’était pas violent… mais je n’étais plus moi. »
Ce qui n’est pas normal mérite d’être nommé
L’objectif de Prince charmant ou psychopathe ? n’a jamais été de classer les gens.
Il a toujours été de redonner de la clarté.
Parce que ce qui n’est pas nommé devient tolérable.
Et ce qui devient tolérable finit souvent par devenir la norme.
La chanson nous rappelle que certaines histoires d’amour ne se terminent pas par un fracas…
mais par un silence.
Un silence intérieur.
Celui d’une personne qui ne sait plus très bien si ce qu’elle ressent est légitime.
Aimer ne devrait jamais coûter sa liberté intérieure
Si ce texte trouve écho en vous, ce n’est pas un hasard.
Il ne s’agit pas d’accuser.
Il s’agit de s’écouter.
Un amour sain n’exige pas qu’on rapetisse.
Il n’exige pas qu’on se taise.
Il n’exige pas qu’on doute constamment de soi.
Et parfois, une chanson, un livre, une phrase suffisent à rallumer une petite lumière intérieure qui disait déjà :
« Quelque chose ne va pas… »
Écoutez cette lumière.
Elle sait souvent avant nous.
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Le lien vers la chanson : https://www.youtube.com/watch?v=YIQFnBTlSxc&list=RDYIQFnBTlSxc&start_radio=1
